Décodage de l'entreprise en Chine: communication interculturelle, ressources humaines, management chinois. Le blog du site: www.chloeascencio.com
mercredi 29 juin 2011
Education: mère-tigre ou papa-panda?
lundi 6 juin 2011
La question mingong
mercredi 1 juin 2011
La chinafrique: révélateur des limites culturelles de l'entreprise chinoise
C'est très intéressant à observer car l'Europe aussi, à commencer par la Grèce et le Portugal, bénéficiera de plus en plus de ces investissements et découvrira aussi le revers culturel de la médaille.
Aujourd'hui la Chine importe 35% du pétrole africain et construit à tour de bras dans 35 pays de ce continent. Ainsi en Angola où j'ai vécu et travaillé, les Chinois (70 000!) ont indéniablement amélioré les équipements publics, construisant 4000 km de route, des banlieues résidentielles à perte de vue, un nouvel aéroport etc...
Mais les entreprises chinoises qui profitent de ces financement publics (via les banques) et mènent ces projets fonctionnent exactement comme en Chine sans s'adapter du tout au contexte local. Contrairement à ce qu'elles sont contraintes de faire en Europe (et qui les décourage d'y investir plus) elles ne respectent pas en Afrique les lois du travail et les règles de sécurité. Elles exportent leur "culture d'entreprise" fondée sur le rapport de force et aussi leurs ouvriers, 30% moins chers qu'en local.
Les Africains s'aperçoivent que parfois le "deal" n'est pas "fair" quand les hôpitaux se fissurent dès leur inauguration et que le goudron des routes est si fin qu'il ne résiste pas aux premières pluies.
Dans les mines de Zambie, les salaires sont inférieurs à la moyenne et les équipements de sécurité dégradés. Des accidents graves se succèdent faute de ventilation des conduits. Impossible de négocier: les managers chinois ne parlent pas anglais (disent-ils). En octobre 2010, ils ont tirés sur des mineurs grévistes...gloups!
En Afrique du Sud les industriels chinois ont considéré que le salaire minimum est trop élevé pour que leurs usines soient rentables. Elles peuvent compter sur une main d'oeuvre prête à tout pour avoir un emploi.
Or les entreprises chinoises créent peu d'emploi, ainsi le projet de restauration du chemin de fer angolais emploierait 160 chinois contre 60 Angolais, une proportion qui illustre bien le peu d'estime des Chinois pour la capacité de travail des Africains, et qui leur évite en outre l'effort de s'adapter à leurs valeurs, leurs comportements et de les former.
Or cet effort les entreprises pétrolières opérant en Afrique sont forcées de le faire par les politiques de "localisation" de leur main d'oeuvre que leur imposent des Etats africains. Contraintes qui ne s'imposent pas aux Chinois...
Le management interculturel n'intéressera pas les Chinois tant qu'ils seront ultra dominants dans le rapport de force, pourvoyeurs d'argent frais et de BTP à prix cassés. Et c'est la logique de l'Histoire, les entreprises occidentales n'ont commencé à intégrer la "dimension culturelle" que lorsqu'elles ont été obligées de prendre en considération les attentes de leurs partenaires et salariés des filiales étrangères (notamment Moyen-Orient, Chine et Inde), parce que ces dernières devenant "stratégiques" et que le rapport de force s'inversait.
Les Africains s'aperçoivent que parfois le "deal" n'est pas "fair" quand les hôpitaux se fissurent dès leur inauguration et que le goudron des routes est si fin qu'il ne résiste pas aux premières pluies.
jeudi 19 mai 2011
La loi en Chine: universelle ou contextuelle?
lundi 16 mai 2011
Les touristes chinois et la France
Quelle aubaine!
Tout est ici affaire de perception, de rapport de force dans la relation commerciale, de sentiment de n'être pas respecté, de culture en somme...
lundi 9 mai 2011
Le chinois est une écriture plutôt qu'une langue
Prenons par exemple le fameux 四海之内皆兄弟 "Entre les quatre mers, tous les hommes sont frères aînés/cadets (兄弟 xiongdi)" que les jésuites ont (mal) traduit "tous les hommes sont frères" (au sens d'égaux) pour tenter de démontrer la ressemblance entre les messages confucéen et chrétien. Or le mot "frère" n'existe pas en chinois, il est trop imprécis et pas assez contextuel! Pareil pour soeur, c'est soit la cadette, soit l'aînée. En fait cette sentence veut au contraire dire que TOUTE relation est hiérarchique.
Le contrat 合同 hetong en chinois est composé de 合he accord parfait du couvercle qui s'emboîte sur le récipient et de 同tong qui signifie pareil. Mais contrairement à la vision occidentale, cette harmonie de vue des 2 partenaires n'est que temporaire. Certes l'engagement est oral, pas écrit (contrairement aux traditions commerçantes de la Méditerranée), mais il est fait pour durer aussi longtemps que la relation d'amitié. Ainsi la confiance 信 xin se compose de 亻ren l'homme et de 言yan la parole (donnée).
En latin contrat se dit contrahere: tirer (les voiles du bâteau) ensemble.
En Chine, on nous remercie toujours de notre 合作 hezuo: coopérer, qui signifie tout le monde fait la même chose en même temps et obéit aux instruction (c'est l'harmonie du semblable).
Autre exemple, le caractère 利 li qui signifie profit est révélateur de l'éthique chinoise de l'effort: formé de 禾 he signe des céréales et de l'abréviation de刂 dao (outil tranchant) il révèle qu'en Chine, le succès ne tombe pas du ciel mais au contraire c'est le fruit du travail humain. Au contraire, le "heur" de bonheur et malheur vient de quelque chose d'externe à l'homme (chance, sort...).
Les mots chinois sont invariables en genre et en nombre tandis que les mots alphabétiques changent de forme (cheval, chevaux) par contre leur sens est fixe. Tandis que les mots chinois changent sans cesse de sens selon le contexte: c'est à dire le caractère qui précède et celui qui suit. D'où l'aptitude exceptionnelle des Chinois à concevoir le changement.
Nous avons un livre des fondements (vérités intagibles, les 10 commandements gravés dans le marbre), les Chinois ont un livre des Changements (Yijing) car le changement est la seule base stable sur laquelle bâtir une stratégie.