mercredi 6 février 2008

Portrait de la jeune génération chinoise

Une génération qui accorde de la valeur à l'individualité
Les petits empereurs nés après 1979 (politique de l'enfant unique) ont fait l'objet d'une enquête présentée par l'agence de presse Xinhua.

Sous l'influence de l'économie de marché, la règle est la suivante : les produits doivent avoir des traits originaux. Dans ce contexte, ces jeunes ont adopté l'expression suivante : « Sans personnalité, à quoi bon vivre? » Pour les gens de cette génération, un individu sans personnalité est comme une marque sans valeur centrale. Cependant, ils partagent aussi les traits généraux de l'époque.
Naviguer sur Internet. Quand ils prennent l'initiative d'acquérir des connaissances ou de se faire des amis, Internet est l'outil tout désigné. Ils communiquent entre eux et se divertissent par Internet, et savoir l'utiliser pour travailler devient même un apprentissage obligatoire. « Trouver l'amour par Internet n'est plus une nouveauté, car le Web nous fournit un tremplin très large et pratique », révèle Ning Zi, né en 1983, à Handan (Hebei). Et Cuotuo Suiyue, qui a un emploi depuis trois ans, ajoute : « Je ne peux pas imaginer ce que serait ma vie sans Internet. Je vais au bureau une fois par semaine pour assister à une réunion, et le reste du temps, je suis chez moi et communique à distance avec mes collègues. »
Léger égocentrisme. Les gens de cette catégorie d'âge pensent plutôt à eux-mêmes et espèrent toujours obtenir l'attention des autres, au lieu de s'en soucier. D'après Li Wei, ils sont fragiles dans leur for intérieur et sont aussi plus ou moins égocentristes, ce qui dénote un manque de maturité. Bien qu'il soit né en 1980, Li Wei se démarque des autres de son âge. Selon lui, les gens de ce groupe d'âge ne pourront devenir plus forts et plus mûrs qu'après avoir vécu des difficultés.
Peu de considération pour l'autorité. Ces jeunes ne craignent pas l'autorité et refusent même toute autorité des aînés sur eux. D'après Ganlanqiu, un étudiant en sciences politiques, la vérité est l'autorité la plus importante.
Affection pour les animaux et l'environnement. Depuis leur plus tendre enfance, les gens nés dans les années 1980 ont reçu une bonne éducation et s'intéressent à la protection de l'environnement et aux animaux. Ils en élèvent même souvent chez eux. Selon Yan Zi de Nanjing (Jiangsu) : « Depuis mon enfance, les chiens et les chats sont mes compagnons. »
Adeptes de la restauration rapide. Pour les gens de cette catégorie d'âge, les repas rapides constituent un choix populaire. « Quand j'étais petit, mes parents étaient trop occupés pour me préparer le petit déjeuner et le dîner, alors je mangeais souvent des hamburgers ou des nouilles instantanées, explique Xue Ren. Aujourd'hui, avant d'aller travailler, je prends un petit déjeuner très simple, faute de temps. »
Intérêt pour des activités culturelles simples. Shanye Cunfu déclare : « Puisque nous subissons une lourde pression durant nos études et au travail, dans nos temps libres, nous préférons des activités culturelles simples et drôles, parce qu'elles ne demandent pas de réfléchir. »
Chaque personne de cette catégorie d'âge est un individu différent, et personne ne se considère comme faisant partie de ce groupe particulier, bien que ce soit l'ensemble de ces individus qui le forment. Ils vivent tous pleinement, et seul le temps les jugera.

dimanche 3 février 2008

Nouvelle adresse de MANAGEMENT INTERCULTUREL CHINE

J'ai le plaisir de vous informer de notre nouvelle adresse:

MANAGEMENT INTERCULTUREL CHINE
13 avenue de Taillebourg 75011 Paris
tél : 06 61 11 80 91 / 01 40 24 12 40


A bientôt pour de nouveaux projets!

Chloé Ascencio
MANAGEMENT INTERCULTUREL CHINE
interculturelchine@orange.fr

http://www.managementchine.blogspot.com/

http://www.solutionschine.blogspot.com/

vendredi 25 janvier 2008

La nouvelle loi du travail chinoise: impact sur les relation sociales dans les filiales en Chine

Il est probable que le gouvernement chinois ne fera pas plus d’efforts qu’avant pour faire respecter la nouvelle législation entrée en vigueur le 1er janvier 2008. Pour les entreprises étrangères, la hausse sur les coûts du travail n’aura pas vraiment lieu car en général elles respectent la législation, dans la mesure où les lois chinoises sont toujours appliquées plus vigoureusement envers les sociétés étrangères que chinoises. Par contre, l’augmentation des coûts de main d’oeuvre est réelle dans de nombreux secteurs de l’économie chinoise comme la grande distribution, la restauration, la construction et les industries à forte intensité de travail où l’exploitation pure et simple des ouvriers est la règle. D’ailleurs les licenciements massifs annoncés par de nombreuses entreprises locales le prouvent. Les salariés chinois ont toujours préféré les sociétés occidentales à leurs homologues locales, notamment parce qu’elles ont la réputation de garantir le respect minimal des droits du travail : contrat écrit, congés, côtisation aux organismes de protection sociale. Ce qui va changer c’est le rapport des salariés à la loi, grâce à la publicité faite autour de cette nouvelle législation qui leur donne une meilleure connaissance de leurs droits. Le fait nouveau, c’est la possibilité d’attaquer une entreprise, et donc une forme de développement de la société civile. Avant, un salarié pouvait éventuellement porter plainte auprès du syndicat officiel et unique, mais sachant que ce dernier est totalement dépendant du gouvernement, les chances de voir ses droits reconnus étaient infinitésimales. Le risque pour les multinationales ne vient donc ni d’un accroissement des contrôles de l’inspection du travail, ni de la hausse des coûts. Le vrai risque, c’est celui d’être poursuivi par leurs propres salariés, anciens ou actuels, suivant le conseil des cabinets d’avocats chinois. En effet, ces futures actions en justice, individuelles et surtout collectives, représentent une formidable manne pour les juritstes chinois, lesquels croulent déjà sous les demandes de leurs clients occidentaux concernant la mise en conformité des contrats de travail. Sachant que la justice chinoise donne presque systématiquement raison à la partie chinoise face à la partie étrangère (cf affaires Danone et Schneider), on peut s’attendre à de retentissants scandales encouragée par une montée en puissance du nationalisme économique dans l’opinion et les médias chinois. Gageons que les salariés chinois qualifiés, ceux-là mêmes que les entreprises étrangères s’arrachent tant la pénurie est grande, saurons faire valoir leurs nouveaux droits pour peser encore davantage dans le rapport de force salarial déjà en leur faveur.

jeudi 13 décembre 2007

Chine: croissance rapide des salaires dans dix secteurs

En 2007, dix secteurs industriels ont connu une croissance rapide des revenus en Chine, selon un sondage récent publié par chinahr.com.
Selon cette enquête, la plus forte croissance en revenu a été réalisée dans la haute technologie, avec 6% de croissance du revenu moyen .
C'est aussi le secteur où la disparité des revenus est la plus importante: d'à peine 1 000 yuans jusqu'à 10 000 yuans par mois selon le poste occupé. De manière générale, les fonctions de support technique, R&D, vente et marketing, et managériale sont rémunérées de 40 000 à 200 000 yuans par an.
La moitié des personnes qui travaillent dans le domaine du software gagnent au-delà de 3 000 yuans par mois.
Ensuite vient le secteur des télécommunications. À Beijing, un chef de service ou un ingénieur expérimenté (2 ou 3 ans ) gagne de 40 000 à 150 000 yuans. Les responsables commerciaux dans ce secteur voient leur salaire annuel varier de 40 000 yuans à 160 000 yuans. Le secteur du conseil a vu les salaires augmenter rapidement. A Beijing, un consultant peut gagner 30 000 à 150 000 yuans par an et un senior 150 000 à 500 000 yuans par an.
L'industrie des biens d'équipement, fortement soutenue par l'Etat rémunère en moyenne ses cadres à hauteur de 100 000 yuans par an, voire plus.

lundi 19 novembre 2007

Huawei tente de contourner la nouvelle loi du travail

"Des sociétés chinoises parmi les plus grandes comme le fabricant de matériel de télécommunication HUAWEI Technologies incitent actuellement leurs employés à "démissionner" en masse. Cela avant l'entrée en vigueur, l'année prochaine, d'une nouvelle loi sur le travail, nettement plus favorable aux travailleurs. Cette manoeuvre pourrait toutefois échouer sous la pression du syndicat officiel chinois. A Shenzhen, 7000 employés de HUAWEI auraient ainsi démissionné. Tous devaient être réembauchés peu de temps après, mais sans l'ancienneté qui leur donnait droit aux avantages de la nouvelle loi."(Source: Courrier International) Notamment: transformation automatique du contrat en CDI après 10 ans de CDD, indemnités de licenciement calculées au prorata du nombre d'années travaillées et du salaire... La tentative de HUAWEI de contourner la loi risque de lui faire perdre de son attractivité au yeux des talents chinois. En effet, cette multinationale du secteur high tech était connue pour les perspectives de carrière rapide et brillante qu'elle offrait aux jeunes Chinois, un système de rémunération à la performance motivant et l'absence de plafond de verre. Cette belle image semble un peu ternie...Mais la bonne nouvelle c'est que le gouvernement chinois semble enfin décidé à faire respecter la législation du travail et à mieux protéger les salariés. Récemment, il a émis l'idée que les salaires devaient augmenter dans les entreprises en croissance et que le maintien des rémunération au niveau minimum ne se justifiait que dans les entreprises en difficulté. (source: Xinhua)

vendredi 19 octobre 2007

Danone n'a pas sû entretenir la relation avec le patron de Wahaha

Dans une interview pour la magazine CHALLENGES, Franck Riboud PDG de Danone le reconnait: Un contrat, dix minutes après que vous l'avez signé, peut être renégocié. Si vous êtes en position de faiblesse, il peut être remis en question. Un contrat, là-bas, cela ne se met pas dans un placard. Cela s'entretient. Il faut des bases juridiques très fortes. Pendant longtemps, nous n'avons peut-être pas assez fait vivre notre contrat avec Zong. Et maintenant, c'est d'autant plus difficile de le faire respecter. "
C'est bien ce dont se plaignait Zong Qinghou en accusant les dirigeants de Danone (Faber en particulier) de lui manquer de respect. On en revient toujours à cette question de "face" et à la difficulté des Occidentaux de construire des relations durables en Chine: si l'on croit qu'il est possible d'évacuer la question de la relation personnelle (échange de face, fréquentation, amitié) pour ne s'en tenir qu'au "business is business", le partenaire chinois perd confiance en vous. A partir de ce moment là, le contrat qu'il respectait POUR VOUS, il va l'utiliser CONTRE VOUS.

mardi 16 octobre 2007

l'affaire Schneider n'est évidemment pas perçue de la même façon par les Chinois

Fin septembre, l’entreprise française Schneider Electric était condamnée à payer plus de 31 millions d’euros à son concurrent chinois Chint, dans une affaire de contrefaçon. Bien décidée à tirer cette affaire au clair, Schneider ne verse pas l’amende et fait appel cette semaine. Guy Dufraisse, directeur des opérations de Schneider Electric en Chine, n'en revient toujours pas.
« C'est comme si un petit fabricant de voitures attaquait Mercedes en disant qu'il copie son design. Pour les gens qui connaissent notre industrie, l'affaire est grotesque. »
Dans l'industrie en question, le petit fabricant de voitures serait l'entreprise Chint et Mercedes serait Schneider Electric.
Ces derniers ont été récemment reconnus coupables de contrefaçon par la cour de justice de Wenzhou, dans la province du Zhejiang, au sud-est de la Chine.
Guy Dufraisse dit le groupe stupéfait de la décision de la cour, voisine du siège social de la société Chint.
« Le montant de l'amende est incroyable », confie-t-il. Quant aux rumeurs disant que les 31 millions d'euros équivaudraient à la somme des amendes que Chint à du verser de son côté en dehors de Chine, Guy Dufraisse affirme que « c'est absolument faux. Chint a perdu des procès, mais a payé des amendes ridicules. »
En réponse, la société française devrait faire appel ces jours prochains.
Le directeur des opérations de la société française ne peut s'empêcher d'admettre que « l'entreprise Chint a très bien travaillé et elle a du soutien. »
Si Chint a pu mener l'affaire devant une cour et gagner le procès, c'est grâce à d'habiles manœuvres. « Ils ont déposé un modèle d'utilité sur une partie de nos technologies déjà brevetées » explique Guy Dufraisse.
Les modèles d'utilité confèrent une protection à des inventions techniques qui présentent un caractère de nouveauté et un degré d'inventivité moindre que ceux exigés pour l'obtention d'un brevet.
« Alors quand ils nous attaquent, ils peuvent prouver que l'on utilise cette technologie puisque c'est la nôtre avant d'être la leur », analyse Guy Dufraisse.
Du soutien, les Français en ont trouvé pour leur part auprès des missions économiques françaises et d'Hervé Ladsous, ambassadeur de France en Chine. Quant à l'éventuelle venue de Nicolas Sarkozy à Pékin en novembre prochain, Guy Dufraisse préfère ne pas dire s'il en attend quelque chose.
« Aujourd'hui nous avons juste envie de mieux expliquer notre cas. C'est inquiétant et ça pourrait arriver à d'autres entreprises, s'étonne encore cet expatrié qui vit en Chine depuis trois ans. Mais pour l'instant, une nouvelle procédure commence et la bataille n'est pas perdue. » La mésaventure pourrait en effet effrayer les autres entreprises étrangères implantées en Chine.
Surtout que l'affaire n'est évidemment pas perçue de la même façon par les médias chinois.
L'agence Xinhua rapportait fin septembre les propos de Nan Cunhui, PDG de Chint. « Gagner contre Schneider va donner confiance aux entreprises chinoises, expliquait ce dernier. Cela les encouragera à poursuivre dans la voie de l'innovation et à faire plus attention à la protection de la propriété intellectuelle".
Cette affaire me semble très intéressante du point de vue interculturel: en Chine, la loi ne régule pas les relations d'affaires, on peut la manipuler en fonction du rapport de force.